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C’est mal tombé, les rares journées chaudes à Paris de ce début d’été correspondaient au calendrier de la Japan Expo. Résultat, toute la partie centrale des Halls du Parc des Expos de Villepinte étaient intenable tellement la climatisation peinait à rafraîchir l’atmosphère. Puis, en fin de journée, le RER avançant au ralenti pendant une heure de Villepinte à la gare du Nord, pour d’obscures raisons techniques, achevait d’épuiser les participants néanmoins pleins d’enthousiasme de cette 10ème édition. Mais c’était toujours un coup d’œil étonnant, des costumes élaborés, des millions de regards échangés, dans la complicité de rêves rendus à la réalité du vécu.
Une nouveauté : le stand « Host Club » inspiré, en version ado, des geishas et des escort boy japonais qui jouent les hommes de compagnie auprès de femmes seules. Le principe : des garçons super mignons offrent leurs services d’hôtes de charme aux jeunes filles. 1 euros pour une photo en leur compagnie, 5 euros pour une demi-heure de conversation et 10 euros pour une heure de conversation. Un attroupement indécis stationnait en permanence devant le stand. Même au second degré, la plaisanterie sonne un peu limite ! De temps en temps, les garçons soulevaient le rideau rouge pour attirer les « clientes », tentées mais intimidées.
Ces robes andalouses portées dans les ferias montrent à quel point une tradition peut devenir autre chose qu’un simple folklore. Car il ne s’agit pas de folklore
mais d’une coutume complètement vivante et pratiquée sans aucun esprit « muséal » comme le sont souvent les fêtes dites traditionnelles. Le principe est le même qu’au XIXème siècle, une
robe à volants accompagnée d’un châle, mais les tissus le choix des tissus et des couleurs est bien actuel. Certaines n’hésitent à se faire des robes dans du nylon pourvu que l’imprimé ou le
coloris soit joli. Il s’agit notamment d’assortir tous les éléments de la tenue dans une même gamme de couleurs. Le peigne, le sautoir en plastique et la fleur proviennent le plus souvent de
boutiques très bon marché, tenues par des chinois. Et ces éléments « contemporains » composent une panoplie qui respecte parfaitement la tradition dans son intention
originelle : un costume de fête populaire.
La Feria del Caballo de Jerez de la Frontera est aussi un défilé de belles robes, une fête de l’apparat vécue par toutes les femmes, de tous les âges. Même les
bébés dans leurs berceau ont droit à la tenue complète de gitane : rose, peigne, robe andalouse, châle… C’est une affaire aussi sérieuse que la préparation d’une tenue de carnaval. A chaque
feria une robe nouvelle. Il faut compter un minimum de 150 euros pour une robe toute faite et les prix s’envolent jusqu’à 1000 euros pour des robes enrichies de volants, de dentelles et
d’ornements. Les espagnolles préfèrent toutefois les robes sur-mesure. Elles achètent les tissus et font faire la robe par une couturière. Il faut alors compter un minimum de 200 euros pour la
façon. A Séville, dans les très nombreux magasins de tissus, on assiste à des scènes qui ont disparu en France : le vendeur portant la pièce de tissu dans la rue pour que la cliente puisse
apprécier les coloris à la lumière du jour. Cette cliente peut espérer être la reine d’un jour, même si c’est difficile de briller au milieu du grand nombre de beautés qui défilent à la
feria.
Les férias comme celle de Jerez de la Frontera sont la fête du cheval mais aussi de la danse. La sevillana se pratique dans toutes les casetas, à partir de la fin
de l’après-midi jusqu’au petit matin. L’origine de cette danse demeure obscure mais présente des parentés certaines avec le flamenco. Ce serait comme le pendant populaire du flamenco accessible à
tous. Car tous les espagnols qui assistent à la feria savent la danser : jeunes ou vieux, homme et femme, se lancent tous à tour de rôle au milieu des casetas pour la pratiquer. Les
débutants sont encouragés par les plus chevronnés. La musique joue continuellement avec les mêmes mélodies chantées dont tout le monde connaît les paroles. Elles accompagnent cette danse qui est
une sorte de rituel amoureux qui fait se succéder des phases d’approche, de séduction ou de renoncement. Une envie impérieuse d’apprendre cette Sevillana vous saisit à votre tour !
Une Sevillana plus proche du flamenco:
La Sévillana ne se pratique pas forcément en formation mixte :
Un groupe d'adolescentes :
Le tourbillon des jupons, l'importance de la robe qui forme une corolle comme en 1900:
A l’origine, en Espagne, les férias du cheval étaient de véritables foires d’échanges commerciaux, de vente et d’achat de chevaux. Les affaires se concluaient dans
des casetas, baraques en bois où l’on buvait, mangeait en musique et en danse. On voit au musée des Beaux Arts de Séville des scènes de genre du XIXème siècle montrant ces Casetas animées
d’andalouses et de musiciens. Au fil du temps, la fête a pris le dessus sur la foire marchande et la fréquentation des casetas est devenue un des buts majeurs de l’événement, un lieu de
sociabilité où les familles et les amis se retrouvent chaque année. A Jerez, l’une des principales Férias espagnoles, les casetas sont publiques, ce qui fait le charme de cette manifestation. Il
y a la caseta de la CGT, du parti PP, du PSOE, celle de la municipalité de Jerez, du Corte Ingles ou du Royal Club de Jerez. Les quotidiens, les radios et les télévisions ont aussi leurs
casetas. Chaque année un concours distingue la casetas la plus joliment décorée. L’avant-scène de la caseta avec
vue sur les allées cavalières est réservée aux membres, tandis que l’intérieur est ouvert à tous. On y boit du Sherry ou Xeres, produit localement et coupé avec de l’eau gazeuse. Protégé du
soleil, on papote en regardant le défilé des chevaux et des attelages. Le soir, place à la danse.
Après la semaine sainte et la feria de Séville, la Feria del Caballo attire les espagnols de toutes les régions qui se rassemblent pour la parade du 10 au 17 mai, à
Jerez de la Frontera. C’est une impressionnante parade qui se déroule dans le parc réservé à cet usage à la sortie de la ville : celle des magnifiques chevaux andalous, des fiers cavaliers
et des belles andalouses. Une vraie fête populaire qui mêle les gens de toutes conditions dans une convivialité et une exubérance de couleurs, de musique et de joie rarement rencontrée dans un
autre pays européen. Étonnant aussi le contraste entre cette tradition complètement vivante, l’élégance des attelages, des cavaliers et des harnachements et l’environnement urbain un peu
« zone ». La foire est prise entre des barres d’immeubles, le train, un Luna Park et la bretelle d’accès à l’autoroute ! un contexte tout à fait normal et que l’on retrouve dans la Féria de Dos Harmanas, plus proche de Séville et qui avait lieu en même
temps. Mais c’est ainsi en Espagne, les abords des villes ont renoncé depuis longtemps à faire carte postale.
La parade des chevaux dans les allées de la féria:
Un petit air de Nadia Vodianova, l'allure fière en plus:
Harmonie de rouge très gitane:
Tout est dans l'art de la pose: la main sur les hanches, la tête haute:
Attelage aux habits rappelant le XVIIIème siècle:
Une cavalière âgée de huit ans, sanglée dans son costume à rayures roses et blanches. Chaque jour de l'année, à la sortie de l'école, elle court rejoindre son cheval pour l'entraînement:
Harmonie de beige, caramel et marron:
Démonstration de pas de danse:
Le Musée Alsacien a ouvert il y a 4 mois environ après une période de fermeture consacrée à la modernisation de son accueil et à l'intégration de nouveaux éléments dans son parcours. Le résultat est une merveille ! ll se visite comme un très beau livre d'images. On passe à travers des espaces évoquant différents types d'habitation, de coutumes et d'artisanats traditionnels alsaciens, accompagnés de photographies attestant du sérieux de la muséographie. Un parti pris intéressant à une époque où l'on a tendance à effacer les muséographies anciennes jugées désuètes, le musée alsacien conserve son principe de "tableaux" complets, avec personnages en costumes saisis dans son cadre familial ou sur son lieu de travail. C'est une des plus anciennes collections d'art et Traditions populaires en France qui a été conçue pour sauvegarder l'identité alsacienne dès l'époque 1900. Fondé en 1902 par Pierre Bucher et Léon Dollinger, il représentait un bastion de résistance face aux autorités allemandes de l'époque, ce qui lui vaudra sa fermeture en 1914. Avec le temps, l'identité "engagée " du musée s'est atténuée, mais l'ouverture d'un département attestant de la vie de la communauté juive de Starsbourg prouve la volonté de reconnaissance de la diversité culturelle alsacienne.
Le parcours est plein de surprises, à travers un dédale d'escaliers, de balcons et de pièces qui
composent une maison Renaissance dont le pittoresque a été augmenté par l'ajout d'éléments architecturaux de provenances diverses à l'époque de la fondation du musée. Le musée se visite donc
aussi comme une histoire du goût en matière d'histoire, teintée d'une bonne dose de romantisme.
Musée Alsacien. 23-25 quai Saint Nicolas. Strasbourg. Tél: 03 88 52 50 01
Voici une adresse incontournable du très sympathique quartier de Clerkenwell à Londres, à une courte distance du métro Farringdon. Le pub "The Three kings" est niché dans le tournant d'une petite rue, en face d'une église très hitchockienne, malgré le fait que sa fondation remonte au XIème siècle. Un charme fou, avec son décor de bougies et de cheminée qui marche pour de vrai... une salle en bas et deux en haut où des groupes d'amis passent la soirée comme à la maison. Je n'ai pas noté l'adresse, mais tout le monde connaît ce pub dans le quartier.
Le pub "The three kings":
La salle du bas avec sa cheminée:
La spécialité de Pimms fait maison, boisson à base de pomme et cannelle délicieuse, à relever de rhum:
Hier, c'était le triomphe de Barack Obama et pour de très nombreux spectateurs et téléspectateurs, la
sensation d'assister à un événement historique, de ceux qui marquent un tournant dans l'histoire de l'humanité. Un moment d'émotion forte. Un moment parfait, harmonieux avec un ciel radieux
malgré le froid hivernal, accueillant le nouveau président des Etats-Unis. Une perfection qui ne tenait pas seulement au rituel grandiose de l'investiture, à l'architecture, aux perspectives
magnifiques de la ville de Washington, aux discours, aux défilés... Il faut bien le dire, ce moment de grâce tenait aussi pour beaucoup à l'allure de Barak Obama. Impossible de rester insensible
à tant d'élégance, à cette allure folle qui ne tient pas, comme le soulignait la journaliste Anne Boulay sur le plateau de iTele, à la qualité de la mise du président mais à sa prestance
naturelle. Son tailleur de Chicago lui confectionne des vêtements parfaits, sans affectation, bien dans l'époque. Mais la qualité du travail de ce tailleur ne suffit pas à expliquer l'essence du
style d'Obama. Car ce style tient surtout à sa personnalité brillante, à cette aisance et facilité à occuper l'espace, à se déplacer d'un pas décidé mais jamais pressé, cette façon de sourire
jamais forcée... Un cocktail rare de prestige, charme et naturel. Le premier président au monde vraiment cool et funky !