SUITE 03 DES DEFILES DE LA SEMAINE PARISIENNE DU PRET-A-PORTER HIVER 2008-2009

Publié le par Florence Muller

Défilé de Gaspard Yurkievich
Les explorations dans les champs bien repérables de grands classiques du « bcbgisme » ou du rock’n roll rythme un défilé bien construit : le foulard Hermès en vêtement complet ou en bretelles, les fermetures éclair scandant et soulignant d’un trait hauts, bas, manches… des transparences un peu hypocrites protégées par des boutonnages bien fermés, du renard bleu éclatant, de longues robes d’hôtesses en foulard de soie à rayures bayadère… Des thèmes s’inscrivent dans une identité plus habituelle à Gaspard Yurkievich : les incrustations en rinceaux à coutures froissées et plissées, les bordures galonnées et lâchées d’esprit vieux stock de passementerie 1920, les collants à motifs.
Ma préférence : toutes les robes du final, mais pour cet été… l’hiver prochain c’est trop loin !

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Défilé Christian Dior
Dans l’espace des Tuileries, le défilé de John Galliano offrait un franc hommage aux années soixante, époque de sa naissance. De quoi être déçu par cette énième convocation des swinging years ? Non, car ainsi que l’assure le programme, "les années soixante resteront celles de l’optimisme et de l’opulence". L’opulence, peut-être pas pour tous, mais l’optimisme, certainement, en tout cas la croyance en un futur meilleur. Contrairement à sa méthode habituelle, Galliano ne fait pas s’entrechoquer les références dans des rencontres incongrues. Ici tout est dans l’ordre parfait d’un monde à la Peter Sellars, avec une femme divine dans le genre de Capucine, un brin Jackie, un brin Vicomtesse de Ribes, beaucoup le genre de Carolina Herrera avec sa chevelure gonflée dans laquelle cependant pas un cheveux ne s’échappe de l’amidonnage laqué. Un peu moins Talitha Getty, moins Boho chic que pour la dernière collection Croisière.
Tout est presque parfait dans le meilleur des mondes possibles du rétro, de la citation lisible par tous… si ce n’est le maquillage à la manières des sixties, mais outrancier ( le goût Leigh Bowery n’a jamais été chassé de la palette Galliano)… ou encore les cheveux fait d’énormes postiches montés sur des séries de petites nattes bien serrées, recouvertes d’une nappe de cheveux libres (les mannequins s’échappant de la tente à la fin du défilé, avaient toutes une allure ébouriffée devant, nattée plat derrière.. pourquoi pas !) … et puis surtout l’étonnante palette de couleurs, du pop jusqu’au psychédélique, mais toujours chic ! Et puis le luxe des matières, de sublimes vestes et manteaux de fourrures fabriqués par Yves Salomon selon des techniques employées dans les années 60, les coupes qui, malgré des passages trop rapides, semblent très élaborées, des broderies bijoux sur les robes du soir vaporeuses. De quoi mettre en effet de bonne humeur !

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Défilé Martin Margiela
Du haut des gradins du Palais Omnisport de Bercy, au début, j’ai eu une petite sensation de redite, quelque chose qui rappelait le défilé précédent si réussi. Sans doute à cause des maillots couleur chair. Au fond un semi-détail ! Car ces collants sont utilisés ici en fond pour déployer un jeu d’asymétries très intéressantes, avec demi-haut ou demi-jambe. Puis sont apparues tous ces cols entonnoirs masquant à moitié le visage des filles. Un exercice risqué qui peut sentir l’arty trop systématique… Mais c’est impossible chez Margiela ! Il arrive à faire en sorte que cette silhouette un peu encombrée du haut reste belle, élancée et même sexy. C’est très fort !
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Défilé Yohji Yamamoto
Il y avait beaucoup de noir, couleur fétiche de Yohji Yamamoto, mais aussi, fait nouveau, beaucoup de couleurs et parfois plusieurs dans une même silhouette. L’utilisation de cuirs très souples fauves, taillés en vestes nettes et se terminant sans coutures, les vestes à cols enroulés et les jupes vertugadins japonisants rompaient avec le registre habituel du créateur tourné vers l’exploration infinie du masculin-féminin. Au final est apparu un très joli groupe de pensionnaires vêtues de manteaux-capes maintenus par des bretelles comme ceux des infirmières de la guerre de 14-18 et portant en bandoulière de grandes besaces de cuir brut.

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Amelimelo 29/02/2008 19:43

Elle a quoi la fille chez Dior ? La tête dans un entonnoir ? Tu permets que je l'utilise pour ma rubrique "ce serait pas un peu too much?"