"LAGERFELD CONFIDENTIEL" DE RODOLPHE MARCONI

Publié le par Florence Muller

Le portrait intime du grand couturier était attendu d'autant plus que l'on croyait tout savoir de lui tant sa présence est constante dans les médias. Les images et le traitement un peu "brouillon" surprennent et donnent la sensation d'entrer vraiment dans des moments d'intimité de sa vie, même si le couturier ne se déplace qu'en bataillon bien serré, entouré en permanence d'un staff empressé, tel un homme politique en campagne. On pense aussi à Warhol dans cette vie où tout est spectacle. Mais, il y a aussi des moments d'activité en solitaire consacrés au dessin et quelques conversations avec le réalisateur, émaillées d'extraordinaires tirades saluées de rires dans la salle. On ne peut s'empêcher de penser aux aphorismes de Coco Chanel collectés par Paul Morand dans "L'allure de Chanel". Ce qui fait sourire dérange sans doute le spectateur, car derrière l'excentricité apparente se dégagent des idées fortes pleines de bon sens. On se dit : comme c'est bien dit ! Les formules percutent, cinglantes, définitives sur le mode du "j'adore" ou "je déteste". Face au langage contemporain choisi, politiquement correct, face aux pensées convenues et aux concepts mous, les exclamations d'un des derniers "monstres sacrés" de la mode font du bien!  Et surtout son enthousiasme, sa curiosité, sa boulimie de connaissances et d'expériences, toujours aussi vives dans un domaine pourtant sujet à la lassitude, au dédain et au snobisme. Karl se rend sympathique car il est tout sauf blasé !

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