Fashion-Eye vous souhaite un agréable mois d’août, beau, chaud (pas trop !) et sans nuages.
Rendez-vous en septembre pour de nouveaux voyages dans les mondes merveilleux de la mode, de l’art, du design, de la musique, de la danse…
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Pour cette édition 2008 des Rencontres de la Photographie, le commissariat général a été confié à Christian Lacroix qui signe ainsi « son retour dans la ville qui l’a vu grandir ». La programmation est impressionnante, avec trois temps forts : un ensemble d’exposition intitulé « Invités de Christian Lacroix », une série d’exposition sur le thème de la « Photographie vestimentaire » et plusieurs expositions présentées dans les anciens ateliers de la SNCF. Les invités de Christian Lacroix se répartissent dans divers lieux, tandis que le deuxième programme dont le commissariat a été confié à Olivier Saillard occupe les vastes bâtiments de l’Espace Van Gogh. Il s’agit là d’une entreprise originale basée sur une sélection d’éléments photographiques qui n’ont pas été conçus pour être montrés au public et choisis dans les archives du musée de la Mode de l’UCAD, les archives de Vogue et de différentes maison de création. Cela commence avec les photos de copyright faites par les couturiers pour se protéger de la copie dans les années 20-30, puis se prolonge par les photos « d’archivage » de Sabine Weiss des vitrines du Printemps dans les années 50, les photos de défilé de Guy Marineau, les looks books conçus pour les journalistes ou les acheteurs, les clips de mode et s’achèvent sur les photos « d’amateurs » des blogs. Quelques perles dans ce catalogage extraordinaire qui forme un commentaire sur le statut de l’œuvre et de l’objet : les vidéos crées par Jean Luc Godard pour Marithée et François Girbaud en 1986 et 1987 … et ailleurs dans l’Eglise des Trinitaires, les photos de chaussures de Guy Bourdin, réalisées pour les pages accessoires du magazine Vogue.
Jusqu’au 14 septembre 2008
Exposition « Tout Beauduc » de Peter Lindbergh, à l’Eglise des Frères-Prêcheurs :
Exposition « Tout Beauduc » de Peter Lindbergh. La monumentalité des tirages répond à la monumentalité de l’architecture
:
La fameuse série de photos « En souvenir des regrettés M. et Mme Comfort. Une fable de Richard Avedon » créée en guise de testament
artistique et publiée dans le magazine Le New Yorker le 6 novembre 1995. Au cloître Sainte Trophime :
L’entrée des ateliers de la SNCF avec l’affiche des Rencontres :
Exposition « Images du Pays des Merveilles » de Tim Walker
Atelier de Maintenance :
L’exposition à ciel ouvert « Portraits de Christian Lacroix » dans les ruines de l’Atelier des Forges :
C’est le retour aux sources de l’enfant prodigue de la ville d’Arles que symbolise l’exposition du Musée Réattu. Une exposition conçue par le couturier qui a puisé dans les collections du Musée sa collection idéale pour la confronter avec ses propres créations et les œuvres d’artistes contemporains choisis en fonction de ses goûts personnels. Il ne faut pas chercher un sens historique à cette exposition qui se parcourt comme une succession de tableaux magnifiques à juste regarder pour mieux comprendre l’univers créatif de Christian Lacroix. Cette liberté de ton dans le commissariat de l’exposition est particulièrement agréable à découvrir. Les conversations entre des œuvres de nature diverses constituent un commentaire sur sa création et sur sa vision d’Arles ! Mais c’est aussi le déroulé en extraits de vingt années de Haute couture depuis le lancement de sa propre maison en 1987.
Parmi les œuvres « curieuses » à découvrir, les panneaux de toile peinte en grisaille par Réattu pour le Temple de la Raison de Marseille en 1973.
Au premier plan les aquarelles de Gaël Mamine, dans la cour, un collier de verre de Jean Michel Othoniel :
Les robes de Christian Lacroix :
Dans le cadre du 400ème anniversaire de la fondation du Québec, les « Etés de la danse » accueillent à Paris le Grand Ballet Canadien de Montréal. Pour la première soirée, sous la nef du Grand Palais transformée en salle de spectacle, la chorégraphie « Minus One » de Ohad Naharin était interprétée par le ballet en grande forme. Très énergique, l’interprétation des danseurs donnait envie de se mettre à danser. Ce que certains spectateurs, auront l’occasion de tenter au cours de la soirée à l’invitation des danseurs. Emportés par leurs guides, ils esquisseront toutes sortes de pas de danse en free style. Le style chorégraphique de Minus One ne mise pas sur la délicatesse, mais montre un sens développé de l’espace et des mouvements de groupe.
Le Ballet de Montréal au Grand Palais, jusqu’au 9 août 2008.
L’architecture du New Museum de New York, signée Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa est indéniablement une réussite. Une impression de masses instables, une superposition de cubes en équilibre, des volumes simples et puissants, une terrasse suspendue avec une vue fantastique sur Downtown… confèrent à l’édifice, inauguré en décembre 2007, une identité singulière. Dommage que le contenu ne soit pas à la hauteur de l’originalité de son enveloppe ! Je n’ai pas gardé un souvenir impérissable de l’exposition en cours au mois de juin dernier !
Façade du new Museum , 235 Bowery :
Salle terrasse tournée vers Downtown :
Claustra en aluminium sur les fenêtres du centre de documentation :
Le musicien-artiste David Byrne a composé une installation sonore géante à la mesure du Battery Maritime Building à New York, un ancien bâtiment du Staten Island Ferry. Le dispositif utilise la musicalité naturelle des éléments constituants l’immense salle centrale. Poutres, tuyaux, radiateurs… etc, sont pourvus de petits marteaux. Ce système est relié par un réseau de tuyaux à air comprimé à un ancien orgue détourné de son usage initial et disposé au centre de la salle. Les visiteurs sont invités à jouer sur cet instrument qui répercute les commandes au bout des câbles et fait ainsi « jouer » la salle. Le résultat : une vraie installation interactive qui attire des foules de gens faisant sagement la queue pour avoir la possibilité de faire beaucoup de bruit. Pour un effet sonore certain, mais pas aussi grandiose que les proportions de l’endroit pourraient le permettre. En tous les cas, une très jolie ballade qui peut se compléter d’un tour en ferry !
Jusqu’au 10 août 2008
10 South Street (juste à gauche du ferry pour Staten Island).
Devant l’entrée du Battery Maritime Building en robe Marimekko pour H&M, sac et montre Marc Jacobs, sandales L’Unité La Redoute
:
Un couple jouant de l’orgue spécial conçu par David Byrne :
La salle majestueuse du Battery Maritime Building et la toile d’araignée de câbles du dispositif de David Byrne :
La Gladstone Gallery de New York, dans son espace situé 515 West 24 Street, vient de consacrer une magnifique exposition à Anish Kapoor, l’artiste britannique, né à Bombay en 1954. Par la puissance des volumes, l’impression saisissante d’optique, la perte de repère qui la compose, son installation monumentale dégage des sensations fortes. Comme il l’exprime dans la plupart de ses œuvres, la relation à l’environnement est au cœur du sujet ainsi que la prise en compte du déplacement du visiteur dans sa découverte progressive de l’œuvre. Un effet secondaire se profile également : le narcissisme contemporain largement encouragé et sollicité par la présence nombreuse de miroirs dans notre environnement, est ici contrarié par l’effet déformant des sculptures en miroirs.
Jusqu’au 15 août 2008.
www.gladstonegallery.com
Le « Project Room » est un organisme installé à Brooklyn qui se voue à l’art et aux pratiques artistiques sous des formes variées. Animé avec passion par Suzanne Fiol et Stephan Moore, il est devenu synonyme d’engagement en faveur des pratiques artistiques libres, et sans soumissions aux lois du marché de l’art. Un organisme indépendant à New York, dont la réputation augmente régulièrement à la faveur de programmations remarquées. Ce soir du mois de juin dernier, c’est rien de moins qu’une légende du conceptuel des années soixante-dix qui performait dans la salle équipée d’un système sonore de multi-diffusion performant : Vito Acconci, l’artiste architecte théorise sur l’architecture dans une sorte de slam intello, amplifié dans le système sonore de la salle en forme de création sonore.
Le système sonore est installé en hauteur et couvre tout l’espace en longueur :
Vito Acconci, après sa performance et Suzanne Fiol :
C’est toujours un moment intense que de se retrouver en compagnie de Ruben et Isabel Toledo, deux artistes hors pair, à la sensibilité et au talent rares. L’occasion d’évoquer leurs projets et notamment celui de la première rétrospective importante qui sera consacrée à Isabel au Musée du Fashion Institude of Technology dans un an. Beaucoup pourraient s’étonner qu’une créatrice d’allure si jeune ait droit à un tel honneur. Mais Isabel, qui a commencé dès les années 80, a déjà une longue carrière derrière elle… Elle a élaboré, au long d’un parcours sans compromissions, une des œuvres les plus singulières aux Etats-Unis dans le domaine de la mode.
Devant un mural de Ruben Toledo, de gauche à droite : Ruben dans son habituelle tenue en Denim, Isabel dans une de ses créations et
moi-même en Christian Dior :
Les mêmes regardant le catalogue en version anglaise de l’exposition Yves Saint Laurent :
La première journée de jury d’examen de Culture de Mode du Département Management de l’Institut Français de la Mode avait déjà été riche en surprises et partis-pris inattendus de la part des différents groupes d’étudiants (voir sujet du jeudi 17 juillet 2008). La deuxième journée était également pleine de rebondissements et de propositions originales.
Le premier groupe, composé de Clarisse Joly, Aimee McClenahan, Priscilla Ntumba et Clotilde Ranno, s’est emparé du sujet « Recycler » en proposant une étude assez soutenue sur ce thème, pour le conclure par une démonstration magistrale de recyclage : une robe de mariée en papier de magazines ! Le groupe suivant, formé par Bastien Daguzan, Eva Finger, Camille Goutard et Margot Scheuer, invitait le jury à découvrir dans la cafétéria de l’Institut une installation et un film sur le thème « Cash ». Ce film, tourné dans un supermarché et mettant en scène des objets de luxe disposés sur les rayonnages des produits de grande consommation, présentait des qualités esthétiques certaines. Le troisième groupe comprenant Amandine Divay, Eduardo Filipe Martins Dos Santos et de Rihad Mehazem, traitait le sujet du Recyclage dans une performance théâtrale, où le texte dit par un narrateur commentait l’action de face à face entre une fashion victim et un baba cool, sur fond de divers changements de costumes. Au final, la robe de mariée se composait du texte de la performance !
Le quatrième groupe, formé par Julie Murat, Nadège Nkoague Gadevall, Sarah Perisse et Katarina Weckman Larsson, proposait également une mise en scène théâtrale du thème du recyclage. Les quatre étudiantes traversaient 4 décennies de l’histoire de la mode et du design en évoquant une ancienne hippie en partance pour Katmandou devenue galeriste, une écharpe tricotée par elle à la fin des années soixante, jetée puis rachetée comme objet vintage, transformée en objet d’art vendu une fortune comme « customisation » d’une lampe Starck !
Le cinquième groupe formé par Emmanuelle Garcin, Béatrice Lacombe, Déborah Neuberg et Prune Pubellier, accueillait les membres du jury dans une salle transformée en Casino. On avait le choix entre plusieurs jeux qui tous faisaient appel à la mémoire de la mode historique ou à la connaissance de la mode actuelle. Le dernier groupe composé de Capucine Lefebvre, Anne-Sophie Marchand, Elodie Potdevin et Jingyi Shen, présentait sous forme d’émission de télé-achat un jeu « Dress me Up », sorte de conseiller en look de poche dans le style d’une Nintendo et créé spécialement pour l’occasion. A l’issue de toutes ces brillantes et très divertissantes présentations, on ne pouvait que suggérer aux étudiants de se lancer dans la production et la distribution de leurs « objets » d’examen !
Clarisse Joly, Aimee McClenahan, Priscilla Ntumba et Clotilde Ranno posant autour de leur création d’une robe de mariée en papier
recyclé :
Un extrait de la vidéo du groupe de Bastien Daguzan, Eva Finger, Camille Goutard et Margot Scheuer. Sur les rayonnages d’un supermarché, entre
les paquets de céréales, un livre de Man Ray a été glissé :
Amandine Divay, Eduardo Filipe Martins Dos Santos et de Rihad Mehazem saluant à la fin de leur performance théâtrale. Amandine porte une robe,
une fleur et un bouquet confectionnés avec le mémoire imprimé sur le thème du recyclage :
La première scénette de l’histoire en 4 épisodes théâtralisée par le groupe de Julie Murat, Nadège Nkoague Gadevall, Sarah Perisse et Katarina
Weckman Larsson : de retour de Woodstock, l’une tricote, l’autre fume un joint !
La scène finale et le dénouement de la pièce interprétée par Julie Murat, Nadège Nkoague Gadevall, Sarah Perisse et Katarina Weckman Larsson,
avec la lampe Starck « customisée » brandie au cours d’un vernissage-cocktail (événement mondain choisi comme symbole de notre époque) :
La salle du Conseil de l’Institut transformée en Casino. Les jeux sont des créations « faits main » par le groupe d’Emmanuelle
Garcin, Béatrice Lacombe, Déborah Neuberg et Prune Pubellier :
Le jeu « Dress me Up » créé par le groupe de Capucine Lefebvre, Anne-Sophie Marchand, Elodie Potdevin et Jingyi Shen :